J’ai pris l’initiative de faire un petit article sur ce sujet parce que je pense qu’en tant que rédacteur web, un métier intimement lié au référencement web, on doit se tenir informé de l’actualité du leader des moteurs de recherche. Et pour une fois que la Commission européenne montre les dents et ne cède pas à la pression d’un lobby, ça vaut le coup d’en faire l’écho.

La commission européenne s’est donc lancée le 15 avril à l’assaut du géant américain en dénonçant son abus de position dominante dans la recherche en ligne. Google Shopping ou Google Flight font partie des services jugés anti-concurrentiels par la comissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager. Une enquête a également été initiée à l’encontre du service Androïd et des applications mobiles.

Si Google propose des mesures suffisantes pour réduire son hégémonie, il pourrait trouver une solution à l’amiable avec la CE, dans le cas contraire il risque une amende salée équivalente à 10% du chiffre d’affaires. Avec 66 milliards de dollars de revenus pour l’année 2014, je vous laisse faire le calcul.

 

Régulation imposée à Google : deux pistes explorées

Dans l’idéal, la Commission demande à Google de diviser le groupe en deux entités avec d’un côté ses activités publicitaires et de l’autre son moteur de recherche. Mais on peut faire confiance à l’armée de lobbyistes grassement payés par la firme pour que cela n’arrive jamais. Une autre solution, plus probable selon certains médias, pourrait être de “séparer les liens sponsorisés des résultats naturels” sur les SERP. Mais on voit mal comment puisque les liens publicitaires sont déjà badgés d’un “Annonce” en jaune, et ça suffit amplement à la majorité des internautes pour faire la différence.

 

L’Open Internet Project, le lobby européen qui défit Google

De nombreux acteurs du numérique français (Lagardère Active, Geste, CCM Benchmark, Pages Jaunes…) et allemands (Axel Springer, Burda) se sont regroupés sous la bannière de l’OIP pour dénoncer les pratiques anti-concurrentielles de Google. J’ai eu l’occasion de rencontrer ce mois-ci Benoît Sillard, le président de l’association qui m’expliquait que Google Flight et Google Shopping captaient du trafic habituellement destinés à des comparateurs de recherche antérieurs aux services de la multinationale. La chose se répète avec les services comme Google Map ou Youtube qui sortent la plupart du temps devant tous les autres services, à terme ces pratiques délibérées mettent en péril l’innovation dans le domaine du numérique.

Je vous invite à aller sur le site de l’OIP pour voir plus en détails notamment la section Google Obsever où les entreprises lésées par les pratiques de Google peuvent exposer leur cas. Incapable de donner naissance à des géants du numérique, l’Europe s’est laissée distancée dans la course à l’innovation dans le numérique. On en constate aujourd’hui les conséquences. L’Open Internet Project et la CE tentent d’organiser la riposte du Vieux Continent aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) mais il semble déjà trop tard pour contrer cet impérialisme numérique.